[Avis] Shadow of the Colossus: Un voyage colossal

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Il y a quelques jours, Shadow of the Colossus renaquit de ses cendres grâce à un remake à part entière sur nos PS4. Il y a 12 ans, Fumito Ueda dévoilait une toute nouvelle aventure, celle de Wander au pays des colosses. Si pour beaucoup l’expérience n’est qu’une redécouverte du titre avec des graphismes entièrement refaits, il était temps pour moi de découvrir ce chef d’oeuvre de réputation qui a marqué toute une génération de joueurs. A l’époque ma PS2 ne tournait pas assez et mon intérêt général pour le jeu vidéo ne s’est limité qu’à quelques titres me faisant totalement passer à côté de certaines œuvres qui en valaient le détour. Pour la petite histoire, j’ai découvert l’existence même de Shadow of the Colossus il y a une dizaine d’années, dans un film, « A Coeur Ouvert » me semble-t-il bien. C’est pourquoi dans des cas comme celui-ci, j’adhère à cette pratique permettant aux retardataires de se rattraper un peu aux branches.

Un grand merci à PlayStation France pour le code du jeu. Grâce à eux j’ai enfin fait ce colosse vidéo ludique.

1. Majestueux

C’est Bluepoint Games qui s’est collé à la refonte complète du titre. C’est monnaie courante pour le petit studio texan que de retravailler des titres déjà sortis mais jusqu’alors cela ne se limitait qu’à quelques HD Collection et Remastered. S’ils avaient déjà travaillé sur Ico et Shadow of the Colossus pour la précédente génération, l’ombre du colosse d’aujourd’hui n’a rien à voir avec celui que vous aviez connu jadis. Mais reconnaissons le, le travail effectué sur ce dernier est aussi gigantesque que le jeu en lui même.

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Avant/Après

Le moins que l’on puisse dire c’est que le voyage que vous vous apprêtez à faire est magnifique. On ne pourra pas manquer de voir que cette évolution graphique lui va à ravir et pourtant ce n’est pas tant sa beauté physique qui nous marquera le plus mais son univers apaisant.

Si je connaissais le talent de Ueda San pour ce qui est de nous transporter dans ses œuvres grâce à The Last Guardian, j’étais loin d’imaginer ce qui m’attendais. C’est en puisant dans sa simplicité et sa pureté que le monde de Shadow of the Colossus trouve sa beauté. Et à mesure que l’on avance dans notre quête, la notion de liberté est sans nul doute au cœur de ce voyage inattendu.

Des plaines dénuées de quasi toute forme de vie, parsemées de quelques sites en ruines, de falaises, de forêts aux allures hostiles et un HUD inexistant hors combat, voilà ce à quoi ressemble votre environnement durant ces quelques heures. Ce qu’on regrette le plus c’est cette épaisse brume qui voile l’horizon.

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Mais Shadow of the Colossus n’est pas seulement une terre désolée, c’est avant tout…des colosses. Au nombre de 16, parfois monstrueux, souvent captivants, vous serez amenés à tous les combattre et je ne peux qu’admirer l’incroyable imagination concernant leur design. Tous de pierre et de chair et pour autant aucun ne se ressemble vraiment.

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2. Sacré Agro!

Il y a un peu plus d’un an maintenant, mon ami Trico m’a appris une chose: si la Team Ico propose de magnifiques expériences, elle peut aussi tout faire basculer dès qu’on a la manette en main. The Last Guardian a viré au cauchemar pour plus d’un joueur. Et je ne vais pas cacher une petite appréhension en me lançant dans l’aventure Shadow of the Colossus. Heureusement pour nous, c’est quand même moins pire. La caméra, toujours un peu capricieuse, est tout de même nettement mieux contrôlable et moins tête en l’air.

Les premières minutes de prise en main se dévoilent surprenantes, on ne comprend pas trop ce gameplay sorti d’un autre monde. Et malgré une compréhension plutôt rapide de la jouabilité, il reste cependant une évidence incontestable: votre réussite face à un colosse tiendra souvent plus de la chance que de votre maîtrise de votre manette. Je me souviens encore de mon rude avant dernier combat. Quand on a une barre d’endurance, ça peut vite être embêtant.

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Si dans l’ensemble votre périple se passera sans trop d’encombres, vos allers et retours avec votre étalon noir, Agro, en revanche peuvent vite nous faire mordre la manette. Oui, Agro fait partie de ces chevaux de jeux vidéo presque incontrôlables et bêtes comme leurs pieds. Plus sérieusement, le gameplay du cheval a été très mal pensé. Si on aurait pu se contenter d’un gameplay classique avec notre joystick gauche, les choses ont été un peu corsées: il faut le cravacher pour le faire avancer, trotter et galoper. Mais attention, il ralentit et peut même s’arrêter sans raison. Et…il a du mal à tourner. Sacré Agro, il m’en a fait voir, mais je m’y suis faite.

3. Un prix à payer

À l’image du peu que je connaît de l’oeuvre de Fumito Ueda, Shadow of the Colossus se veut très discret en termes de narration.

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Nous incarnons donc Wander, un jeune guerrier, qui se rend dans un étrange sanctuaire et y dépose sur un autel une jeune femme inanimée pour laquelle il est prêt à tout. Celui que l’on appelle Dormin lui donne une solution mais dont le prix est lourd à payer: venir à bout des 16 colosses disséminés aux quatre coins de ces terres et détruire les idoles auxquels ils sont liés. Voici le peu d’informations dont nous disposons jusqu’à la fin du jeu. C’est ainsi que démarre notre aventure et nous partons en chasse aux colosses.

Oui, chasse est le mot exact. Alors que je m’attendais à sauver ces terres de leurs fléaux, après ma première bataille et victoire, quelques phrases m’ont traversé l’esprit. «Mais… il ne m’avait rien fait. Il ne s’est même pas défendu». Dès le départ, je cherchais le message qu’essayait de me faire passer Ueda à travers son jeu. «Que va-t-il advenir de Wander une fois tous les colosses vaincus?» Jusqu’au dernier combat, j’ai senti un mal être, parce qu’à part quelques colosses bien décidés à ne pas me laisser faire, ils étaient tous impuissants face à Wander et son étrange épée. Le résultat en vaudrait-il la peine? Pourquoi m’acharner sur ces pauvres êtres pour une jeune femme dont moi, joueuse, je ne connais absolument rien? Malgré toutes ces questions, je les ai terrassé, les uns après les autres, et si le sentiment de répétitivité était bien réel, celui de vouloir connaître le fin mot de l’histoire l’était tout autant.

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Et quel dénouement! Somptueux et angoissant à la fois. Explicite et mystérieux. Je ne vous cache pas que je n’ai pas compris un petit aspect de la fin pour finalement m’apercevoir que la Team voulait certainement donner libre court à l’imagination de ses joueurs. Comptez entre 6 et 8h pour percer le secret des colosses. Une expérience courte, trop courte, mais avec le recul, suffisante.

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Sans nul doute Shadow of the Colossus est le chef d’oeuvre que les joueurs aiment tant. Sa bande sonore, son univers, ses environnements, il a tout pour plaire et atteindre nos cœurs d’une flèche (on est la Saint Valentin quand même). Malheureusement, ses immenses qualités pourront vite se faire rattraper par son gameplay rigide et trop exigeant et beaucoup trop contradictoire avec l’expérience générale. En tout cas, je ne regrette absolument pas l’aventure. Malgré ses défauts, l’expérience en vaut très nettement le détour.

Une petite galerie de mes captures d’écran prises par mes soins, ça vous tente? Garantie sans spoils! Pas même l’ombre d’un colosse…

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