[Avis] Persona 5 : Un voleur de cœurs

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Voici venu le temps de vous livrer mon avis sur Persona 5. Enfin, me direz-vous, et je ne vous contredirai pas, ce fut long et parfois laborieux mais j’ai réussi à venir à bout de ce nouvel épisode d’une des licences phares d’Atlus. Un grand merci à l’équipe de Koch Media France de m’avoir permis de vivre cette folle aventure.

Persona 5 n’a commencé à faire parler de lui qu’il y a environ 5 ans mais c’est quasiment le double qu’il lui a fallu en développement pour en arriver à ce résultat. Et quel résultat! Il semblerait bien que depuis quelques mois, le jeu vidéo japonais pur commence de plus en plus à faire battre mon cœur.

Qu’est ce qui rend cette licence et plus particulièrement ce nouvel opus, qui a été pour moi le premier, aussi spécial? Qu’est ce qui fait son charme? Est-il le jeu de l’année dont tout le monde parle?

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1. For real?!?

Dans ce Persona, vous incarnez un jeune étudiant japonais dont vous inventez l’identité, envoyé à Tokyo à cause d’un casier judiciaire fraîchement rempli. Au cours de ses premiers jours à la Shujin Academy, entre deux cours, il fait la connaissance de Ryuji, le mauvais de la classe. Tous deux découvriront bien vite qu’une mystérieuse application s’est glissé dans leurs téléphones et les conduit dans un lieu dont ils ignorent l’existence. C’est ainsi que débute la longue aventure des Phantom Thieves (voleurs fantômes).

Mais quel est donc cet endroit bâti comme un château dont le roi est leur professeur de sport? Sur place, ils font le connaissance de celui (ou celle) qui pourra répondre à toutes (ou presque) leurs questions, Morgana, qui deviendra la mascotte du groupe. L’endroit dans lequel ils se trouvent est appelé un Palace et chacun d’eux est en fait construit à l’image de ce que ceux qui y règnent en maîtres imaginent du monde qui les entoure. Je sens que je commence à vous perdre. Pour faire plus simple, un Palace n’est en fait que l’image des désirs des victimes des Phantom Thieves. Y pénétrer leur permet de combattre ces dernières sous forme de Shadows (ombres), leur forme dans cet univers parallèle, de changer leur cœur et voler leur trésor le plus précieux. Voilà le thème de ce Persona 5. Et il est indéniable que le scénario prend une place énorme dans cet épisode qui ne manquera pas de vous surprendre au fil du temps.

Et au fait, pourquoi Persona? Et bien, (on va essayer de faire simple) un Persona est en fait la personnification de la véritable personnalité de nos héros masqués. Chaque nouveau membre des Phantom Thieves réveilleront tôt ou tard leur Persona et leur force. A l’exception de notre protagoniste, qui lui peut en avoir un certain nombre (très pratique d’ailleurs). En tout cas, je me suis attachée à chaque membre de cette petite équipe qui ne voulait que faire le bien. D’ailleurs, je dois être une des rares personnes à avoir fait des choix cornéliens à chaque entrée de Palace pour former mon équipe. Je les aime tous. Et c’est aussi un des grands points forts du titre. Une diversité de personnalités et de caractères totalement différents les uns des autres et qui pourtant se complètent.

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2. Un manga vidéo ludique

Persona 5 n’a rien d’un jeu qui fait graphiquement rêver. On est bien loin des décors photo-réels, des effets next-gen et des détails ultra réalistes. Persona se veut être une licence tout ce qu’il y a de plus simple en termes de physique. En effet, ce n’est ni plus ni moins qu’un manga amélioré pour le jeu vidéo. Et en bon jeu japonais qu’il est, ça lui va comme un gant.

Le style animé lui permet de s’approprier une identité des plus originales. L’ambiance générale du jeu est assez sombre et le côté manga lui apporte un peu de « couleurs ». Il réussi à convaincre très rapidement ce qui nous permettra de lui attribuer une certaine beauté graphique malgré lui.

Bien qu’assez discret graphiquement, Persona 5 vous offrira par contre une bande son rythmée et assez surprenante. Entre variété japonaise et rock indépendant occidental, le mélange se fraye un chemin et renforce l’indépendance et la liberté que prennent nos jeunes voleurs.

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3. Let me reveal your true form

Manette à la main, c’est là que Persona 5 donne tout ce qu’il a dans le ventre. Techniquement, il est le type même du JRPG pur. En tour par tour, il est efficace grâce à son dynamisme et en un sens à sa complexité.

Car ce nouvel opus ne se limite pas à taper dans le tas, à utiliser des points de magie ou du combat banal. Il vous offrira la possibilité de trouver le point faible de vos ennemis pour en venir à bout plus rapidement ou tout simplement d’opter pour une tactique pure. Le plus souvent la tactique choisie sera la bonne pour une bonne partie du jeu et même le mode « normal » (qui a pour réputation d’être déjà plutôt tendu) vous fera l’effet d’un jeu d’enfant. Par bonne partie, je veux parler pour le plus commun des ennemis, les boss vous demandant parfois de vous creuser un peu plus les méninges et c’est un côté que j’ai particulièrement adoré, les vrais boss se perdant peu à peu dans les bas fonds du jeu vidéo.

Dans tous les cas, sachez que dans votre équipe (qui ne se limite qu’à 4 voleurs fantômes), chacun aura un rôle décisif à jouer grâce à des attaques plus ou moins puissantes. Il ne faudra d’ailleurs surtout pas prendre à la légère le pouvoir de votre personnage, le leader de la bande, qui contrairement aux autres peut avoir plus d’un Persona grâce à votre talent pour les persuader de vous rejoindre. A vous seul, vous ferez énormément de dégâts, et sur la longueur ce n’est pas négligeable.

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Côté tactique, vous aurez plusieurs possibilités, la plus importante étant de décider si vous contrôler chaque coéquipier en combat ou non. En ce qui me concerne, je n’ai ressenti nul besoin de tous les contrôler un par un, l’IA étant assez efficace pour venir à bout de vos ennemis par elle-même et ce fut un bonheur de plus pour pouvoir profiter pleinement des combats. Sauf pour le boss de fin, qui, ma foi, m’a donné un peu plus de fil à retordre et qui m’a détourné de ma tactique de prédilection. Bref, ce Persona s’est peu à peu rendu addictif, je ne pouvais absolument plus le lâcher.

En tout et pour tout j’ai passé pas moins de 115 heures (presque 116) pour venir à bout de l’ennemi ultime et enfin voir le dénouement du scénario. Je ne sais pas si c’est énorme ou si c’est peu pour le style du jeu mais en tout cas, ce furent 115 heures intenses et riches en émotions.

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4. La perfection? Non.

Ce Persona 5, malgré tout le bien que j’en pense et l’expérience inoubliable que j’ai eu durant ces dernières heures n’est pas dénué de défauts. Au fil des heures, on se rendra vite compte qu’il ne pourra prétendre au titre de jeu parfait.

Son premier et plus gros défaut est bien sûr, bien évidemment, l’absence de sous-titres localisés. En effet, si vous n’êtes pas un minimum calés en anglais, sachez qu’une éventuelle incompréhension générale du scénario et du gameplay vous limiteront très rapidement pour accomplir votre devoir. Et puis, bon sang de bon soir, ce jeu mérite de faire parler de lui et de se retrouver entre de nombreuses mains mais qui malheureusement passeront à côté pour cette simple et unique raison.

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Le jeu en lui-même à tous les défauts du monde que l’on pourrait reprocher à n’importe quel autre. En effet, on ressentira une certaine répétitivité, le déroulement étant assez monotone malgré le changement d’environnements et de cibles. Pour changer le cœur d’un homme, il suffit de sécuriser un chemin vers son trésor, lui envoyer une Calling Card (carte d’appel) dans le monde réel afin de nous le dévoiler dans son Palace du monde parallèle (ou communément appelé la Metaverse) et le battre et en avant guingamp pour trouver une nouvelle cible.

Enfin, on lui reprochera parfois trop peu de gameplay en action. En effet, dans le monde réel, beaucoup de possibilités d’évolution de votre personnage s’offrent à vous, notamment pour augmenter vos compétences générales ou encore améliorer votre relation avec les PNJ pour obtenir des bonus dans les Palaces. Et la ville ne se limite qu’à quelques quartiers de Tokyo. Malheureusement, chacun des Palaces seront séparés par de nombreuses heures de scénario et donc de lecture ce qui coupera net toute la dynamique des Phantom Thieves.

Et je ne mentionne même pas la frustration de ne pouvoir prendre aucune capture d’écran de tout le jeu. Mais, je comptais pas spoiler moi.

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Persona 5 est clairement bien plus qu’un simple coup de cœur à mes yeux. Malgré beaucoup de reproches que je peux lui faire, il a clairement volé mon cœur et a su me tenir en haleine pendant un très grand nombre d’heures. Attention toutefois, il est clair qu’il ne peut pas faire l’unanimité auprès des joueurs, son style très à part et son scénario assez OVNI peuvent être assez dur à encaisser. En ce qui me concerne, je n’avais pas imaginé à quel point un jeu lambda peut vous amener à une certaine réflexion autour d’un sujet assez vague et c’est là toute la force de Persona 5. Prenons nous nous aussi nos désirs pour des réalités? Et si les désirs d’un seul homme n’étaient en fait que le résultat de celui d’une plus grande communauté? Le jeu de l’année 2017? Et si nous attendions que l’année se termine pour le savoir? En tout cas, il se hisse très haut dans mes jeux préférés de cette année. A l’image de Yakuza 0, Persona 5 confirme mon envie de découvrir de nouveaux horizons et toujours plus de nouveaux jeux.

Hey, Atlus, pour le prochain promettez-moi de mettre des sous-titres français 😉

 

 

 

 

 

 

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